Bien être

LES BIENFAITS DE LA COURSE CONTRE MA DEPRESSION

J’ai toujours aimé la course à pied. Mais quand je suis tombée en dépression, je ne courais plus depuis plusieurs mois. Toutes les excuses étaient bonnes pour ne plus sortir : la météo, les enfants, un article à finir pour mon travail…trop de choses à gérer dans mon quotidien….

Curieusement, au plus bas de ma dépression, c’est la course à pied qui m’a permis de garder espoir. J’avais envie de retrouver cette sensation de bien être qu’on ressent pendant les courses. Un état à part, où tout est possible, plus rien autour n’existe vraiment.

Ma dépression

J’ai passé plusieurs mois allongée sur mon canapé à attendre d’aller mieux. Aucune activité ne m’intéressait ni la lecture ni les séries sur Netflix.

Je n’étais plus capable de me concentrer sur quoi que ce soit.

Quel gâchis me disais-je ! je dispose de tout le temps rêvé pour faire des choses.

Je devais admettre que mon corps n’avait plus aucune ressource. Sans énergie, je ne pourrais pas aller mieux. Et en même temps, je réalisais que j’étais en train de m’installer dans un quotidien sans but… avec en prime beaucoup de frustrations. Moins j’en faisais et moins j’avais envie d’en faire.

Une remise en mouvement très progressive

Pendant cette période, les angoisses et les pensées tristes m’envahissaient.

Je m’inquiétais pour tout. Allais-je être capable de reprendre une vie normale ? Les médecins me répétaient que j’avais épuisé tout mon carburant. Seul le temps et le repos m’aideraient à sortir de ce « burn out« .

Mais même les journées les plus dures, une petite voix intérieure me disait de reprendre la situation en main si je voulais m’en sortir.

C’est alors que je me suis fixée un objectif : faire une chose par jour !

Comme toute activité intellectuelle me demandait encore trop d’effort, j’ai opté pour la course à pied.

Les 4 raisons qui ont motivé mon choix :

  • Je sais que courir procure de mieux être, je l’avais expérimenté. Peu importe la durée de la course.
  • Pas de contrainte de temps. Je pouvais décider du moment, et de la fréquence des sorties. Cela dépendrait de mon niveau d’énergie du jour. J’étais d’accord pour respecter ce besoin.
  • Pas de logistique particulière. Je pouvais sortir de chez moi et démarrer la course. Pas besoin de prendre ma voiture.
  • Pas besoin d’investir dans un équipement particulier. Mes baskets m’attendaient déjà dans l’entrée.

Mes premières courses

Les premières sorties ont été catastrophiques. Lorsque je courais 15′, il me fallait minimum 3 jours pour récupérer. 3 jours pendant lesquels je dormais toute la journée. Mais au fil des mois, la course est devenue mon rendez-vous bien-être.

Je constatais que pendant mes sorties, mes pensées obsédantes s’évaporaient sans que cela me demande beaucoup de volonté. Je me sentais en forme, avec plus d’énergie et surtout un bon moral.

Très rapidement, je me suis sentie plus apaisée, j’ai ressenti un regain de vitalité et mon sommeil s’est amélioré.

Les effets de la course à pied

Toutes les études convergent pour dire que l’activité physique a des effets thérapeutiques sur de nombreuses pathologies.

5 effets positifs de la course sur le cerveau

  • Augmentation du volume des zones cérébrales. On sait que ces zones rétrécissent dans le cas de maladies neuro-dégénératives.
  • Augmentation de la fabrication des neurones dans l’hippocampe.
  • Meilleure connectivité cérébrale grâce au développement d’une substance blanche, cette fameuse membrane qui entoure l’axyome, le câble de connexion de notre cerveau.
  • Création de nouveaux vaisseaux sanguins. Le sport stimule l’irrigation de notre cerveau et dans de nombreuses régions vont apparaitre de nouvelles artères et petites veines. Cela provoque une meilleure oxygénation et beaucoup moins de fatigue et peut être une meilleure protection des risques d’AVC.
  • Changements positifs sur l’activité de notre cerveau. Des tests menés sur des profils différents, on révélé une activité cérébrale plus importante chez les personnes pratiquant une activité physique que les personnes sédentaires.

La course agit comme anti dépresseur naturel

L’activité physique a également des effets chimiques comparables à celui des antidépresseurs.

Les antidépresseurs sont conçus pour modifier le comportement des neurotransmetteurs. Ce sont des produits qui aident les cellules de notre cerveau à mieux communiquer.

Il semble que la dépression soit liée à un rétrécissement dans la région du cerveau appelée hippocampe qui est principalement impliquée dans la mémoire. Chez les personnes qui prennent des antidépresseurs, l’hippocampe tend à montrer de la neuroplasticité ou la création de nouveaux neurones et une augmentation de sa taille. Les mêmes effets sont observés lorsqu’on pratique la course à pied.

Que se passe t-il pendant la course ?

Les endorphines, ou endomorphines, sont libérées par le cerveau, et plus précisément par l’hypothalamus et l’hypophyse dans les situations de stress, qu’il soit psychologique ou physique, mais de façon plus significative pendant et après la pratique du sport, notamment de la course à pied. C’est un médicament anti-stress naturel à utiliser sans modération.

Cette morphine endogène (produite par l’organisme) possède une structure moléculaire proche de celle des opiacées. Une fois sécrétée, elle se disperse dans le système nerveux central, les tissus de l’organisme et le sang et produit des effets bénéfiques contre angoisse, anxiété et dépression. L’endorphine est l’hormone du bonheur pour le coureur à pied

Autre gros avantage de la course, le niveau de cortisol associé au stress va chuter. Or on sait que des quantités trop importante de cortisol dans le sang détériorent nos capacités à poursuivre nos objectifs. En clair, le cortisol détruirait les neurones qui se situent dans l’hippocampe.

La course agit comme un booster d’énergie

Il existe un autre facteur physiologique essentiel. Il se produit par ce qui pourrait sembler être un paradoxe : le fait de se lever et de se bouger rend plus énergique que fatigué. Cela provoque une meilleure oxygénation dans les vaisseaux sanguins et beaucoup moins de fatigue.

Courir active aussi les cellules de notre cerveau. Cela n’est pas du au hasard, la course à pied va augmenter la dopamine dans le tronc cérébral. Ce neurotransmetteur joue un rôle hyper important dans le système de récompense. Ce qui explique pourquoi bouger donne envie de bouger encore plus.

Elle est devenue ma thérapie

Aujourd’hui, la course est devenue mon médicament. Cela ne me prend que 30 minutes trois fois par semaine. Parfois un peu plus mais toujours parce que j’éprouve du plaisir. J’ai diminué mes antidépresseurs de moitié. J’espère d’ici 3 mois, ne plus en avoir besoin du tout.

La course me permet de décompresser. Lorsque je cours, je ne pense plus à rien, absolument à rien. Et pour moi qui ai pour mauvaise habitude de cogiter pendant des heures, c’est reposant ! La course à pied me permet vraiment de me vider la tête. Je me suis rendue compte que même fatiguée physiquement, aller courir quelques minutes me faisait le plus grand bien.

Je cours aussi car cela m’en apprend un peu plus chaque jour sur moi ! j’ai souffert, j’ai eu mal, mais je me suis accrochée. La course à pied m’a aidée à prendre confiance en moi. Je sais maintenant que j’ai une force intérieure qui me guide et m’aide dans mes autres projets à venir.

Bonne course 🙂

Le saviez-vous ?

Asics, le nom de la célèbre marque de chaussures de sport, est l’acronyme de l’expression latine  » Anima sana in corpore sano «  un esprit sain dans un corps sain.

Un peu d’histoire

Il y a environ 1,8 à 2 millions d’années, nos ancêtres sont passés un mode de vie qui exigeait un niveau élevé d’activité physique pour survivre. Les changements qui se produisent physiologiquement en raison de l’exercice sont probablement un produit de cette histoire évolutive. Les endo cannabinoïde et les opioïdes sont des analgésique ou des antidouleurs. Il est très possible que pendant l’exercice c’est neurotransmetteurs soient activés pour soulager la douleur et vous permettre de vous déplacer à une vitesse supérieure. Cela vous ferait bouger plus longtemps que vous nous le feriez sans cela et en plus vous vous sentez bien.

A propos de l'auteur

Maman de 3 garçons et d'une fille bonus. J'attache une grande importance à l'alimentation et à l'exercice physique qui sont pour moi indissociables d'une bonne santé physique et psychique.

Pas de commentaires

    Laisser un commentaire